19/01/2008

Mononk Simpelourd

Mononk Simpelourd

























Simpelourd est le nom du personnage folklorique le plus célèbre de Soignies. Son origine remonterait au milieu du 18ème siècle. Il existe beaucoup de versions différentes quant à son origine (j'en ai déjà lu quatre !). Pour résumer les deux versions les plus connues, on peut dire que Simpelourd était un brave savetier (cordonnier) malmené par sa femme et qui aurait trouvé refuge dans l'alcool. Un jour qu'il était saoûl, il battit tant et tant sa femme que les voisins durent s'interposer en le traitant tantôt de simple, tantôt de lourd. La justice locale lui infligea alors la lourde peine d'être exposé 2 jours durant à l'une des «bowètes» de la place. L'autre version raconte qu'un Sonégien, trompé et abandonné par sa femme, voulut se venger de ses amis qui se moquaient de lui en le traitant de simple et lourd. Il les invita à dîner mais remplaça le plat de jambon par un «appétissant morceau de bois peint». Satisfait de la stupéfaction qu'affichaient ses invités, il les nargua en disant « Alors, qui c'est qui est simple, qui est ce qui est lourd ici ? ». Le Simple et lourd leur offrit alors un vrai rôti de jambon pour se faire pardonner mais les convives mangèrent sans beaucoup d'enthousiasme. Rancuniers, ils confectionnèrent après le repas une effigie du farceur qu'ils promenèrent à travers toute la ville, pour le punir. Ce cortège improvisé amusa beaucoup les habitants et serait à l'origine du cortège actuel.

Mais tout n'est pas si simple car l'exposition de l'effigie de Simpelourd à une fenêtre d'un café semble trouver son origine dans une « couyonade » (farce, blague) bien avérée. Initiée en 1754 par Adrien Hiernaux, elle consistait à pendre aux fenêtres des habitations des mannequins évoquant les fredaines ou les malheurs des habitants qui avaient défrayé la chronique au cours de l'année. On en améliora même le principe en y ajoutant le jeudi suivant la fusillade des mannequins, histoire de passer l'éponge sur les mésaventures des victimes.

Quelques liens pour en savoir plus sur cette sympathique tradition sonégienne que j'ai beaucoup de plaisir à vous présenter :

Sur soignies.com, vous trouverez aussi des précisions et des photos, ainsi que le texte de la chanson de Simpelourd (en wallon d'Sougni, bien sûr).

Le cortège de Simpelourd a aussi son propre blog !, avec des photos des festivités.

Beaucoup de photos aussi sur www.soignies-festif.net, qui propose des albums de photos d'évènements de la vie sonégienne (animations de noël, cortège et brûlage de Simpelourd, etc).

Cortège de Simpelourd

Le samedi qui précède le troisième dimanche d'octobre, c'est la fête à Mononk Simpelourd, incarné par un figurant qui reste le même pendant de longues années. La ducasse de Soignies (qui n'a donc rien à voir avec un carnaval) commence quand Simpelourd, habillé en bourgeois du 19è s. avec chapeau haut de forme, arrive en train à la gare de Soignies vers 19h. Il monte dans une voiture décapotable des années 30 et, précédé de groupes folkloriques divers, de fanfares, de chars et de majorettes, est conduit lentement à travers les rues de la Station et de Mons vers la Grand-Place puis la Place Verte. Pendant le trajet, assis sur la banquette arrière, il salue la foule et lui lance des poignées de carabibis (c'est un long bonbon en caramel dur, que vous pouvez acheter dans les patisseries sonégiennes. Pendant le cortège, ce sont en fait des bonbons plus classiques qui sont distribués).

Arrivé sur la Place Verte, il entre dans le café « Au coq wallon » et salue la foule depuis une fenêtre à l'étage. A ce moment il mange un quartier de « tarte à prônes » (tarte aux prunes). Il est ensuite remplacé par un mannequin qui restera exposé jusqu'au mardi suivant, où il sera à son tour remplacé par un rudimentaire mannequin de paille qui sera amené en cortège sur la Place du Millénaire où il sera brûlé en autodafé. En attendant, les badauds profitent de la kermesse qui se tient pendant tout le week-end sur les places Verte et Van Zeelandt.

Mannequin_Simpelourd

Groupes folkloriques

Des fanfares, des gilles, des grenadiers de la Garde Impériale de Soignies et d’autres groupes folkloriques parfois accompagnés de chars, ainsi que les géants Dudule et Joséphine accompagnés de leur fille Charlotte, composent le cortège qui accompagne Mononk vers sa destination. De nouveaux groupes apparaissent au fil du temps, comme ces Arlequins de Soignies, qui ont participé pour la première fois à la Simpelourd cette année. On les voit ici en sortie avec leur fanfare dans la rue de Mons le lendemain du cortège, le dimanche 21 octobre 2007. Rendez-vous à la prochaine Simpelourd !

Arlequins de Soignies